
Visages de pierre
Editeur(s) CONFERENCE
Date de parution :
07/05/2026
Série(s) :
Choses humaines
Résumé :
« Je songe depuis longtemps à un livre où l’histoire des formes architecturales ne fasse qu’un avec l’histoire religieuse, civile, politique d’un peuple?; où les œuvres d’architecture soient interprétées comme des idées incarnées, ou plutôt pétrifiées. » Tel est le vœu exprimé par Bargellini dans son livre de 1934 repris et augmenté en 1943, « Architettura con fregio polemico » (éd. 1982, p. 135), et réalisé, précisément, dans ces « Visages de pierre » — « il mio libro », écrit-il, « di maggiore impegno », le livre à ses yeux le plus important, celui qui lui a demandé le plus d’efforts, et où il a mis le plus de lui-même (P. Bargellini, « Pagine di una vita », Florence, Vallecchi, 1981, p. 153).La « position » de ce livre est donc particulièrement décisive, pour des raisons valant à la fois « ad extra » et « ad intra », qu’une préface du traducteur explicitera :1. Bargellini a manifesté une attention constante à l’architecture (et fort ancienne, puisque Edoardo Persico, mort en 1936, le cite polémiquement dans des articles de 1934-35), et singulièrement à celle de son temps (outre les nombreux articles, voir les ouvrages « Architettura », 1934 ; « Architettura con fregio polemico », 1943 ; « Libello contro l’architettura organica », 1946 ; « Nascità e vita dell’architettura moderna », 1947, ce dernier livre étant écrit en collaboration avec l’architecte Enrico Freyrie [1923-2016], élève de Michelucci, et auteur par ailleurs des illustrations de « Visages de pierre » reproduites dans la version française présentée)2. En conséquence, et à proportion de l’attention que lui-même lui accorde, « Visages de pierre » énonce les thèses générales de l’auteur sur le rôle et les devoirs de l’architecture, à la fois directement, et, indirectement, par le fait même de proposer une fresque historique de ses relations avec la société qu’elle exprime3. Cette « position », de la façon la plus cohérente avec les convictions de l’auteur », se doit de manifester dans l’écriture elle-même un souci conforme à la thèse générale : donc une écriture volontairement soignée en vue d’un public non-spécialiste, volontairement « non-professionnelle », qui puisse se révéler « performativement » comme l’exemple de ce qui est demandé à l’architecture : clarté de son lien avec la vie sociale et les contenus animant celle-ci, devoir de compréhension (refus de l’hermétisme ou de la technicité formelle), fluidité d’une pensée dans laquelle la vie sociale, avec ses exigences de communication, puisse se reconnaître.L’ouvrage procède donc par évocations successives, qui ont valeur à la fois descriptive et symbolique —précisément parce que Bargellini, loin de redisposer le cours de l’histoire, suit la succession des temps, ce qui énonce « sotto voce » une thèse essentielle, à savoir que les formes ou traductions architecturales ont, dans leurs différences mêmes, à négocier avec ce qui demeure perpétuellement et donc les unit les unes aux autres dans leurs variations mêmes : les « dieux » ou ce qu’ils désignent », la nature comme physis, donc comme croissance et immensité, la justice, etc., qui sont comme les catégories transcendantales avec lesquelles, le sachant, les hommes sont aux prises et construisent leur vie et les lieux de leur vie ; celles, aussi bien, avec lesquelles les architectes doivent négocier, afin de nourrir l’espace social dont ils ont la charge, et non pas seulement de construire des bâtiments.La question essentielle pour Bargellini, qui sous-tend son attention aux formes bâties, est donc de savoir comment parler d’architecture : en parler non pas comme le feraient des architectes entre eux, mais comme ceux qui la « reçoivent », la « pratiquent » et entendent nouer avec elle des liens de « confidenza », parce que l’architecture, étant objectivement et évidemment présente à l’espace et à la vie de chacun (à la différence d’autres arts plus « privés »), suppose que s’instaure un dialogue toujours possible avec l’homme quelconque qui la considère, et dont Bargellini entend adopter pédagogiquement le point de vue, cette pédagogie fût-elle souveraine. D’où un certain nombre de conséquences, que nous pouvons trouver dans la lecture qui fut faite de ce livre par deux témoins importants, lecture « diffractée » selon leurs soucis propres, Mario Luzi et Gio Ponti. Il y va pour ainsi dire d’un style et d’un devoir, lesquels — comme le soulignera la préface du traducteur — ne vont pas sans implications politiques :1. Le style. Mario Luzi voyait toujours à l’œuvre chez Bargellini « ce Toscan au service des choses et surtout de la limpidité concrète et praticable des choses » (Mario Luzi, Préface à Piero Bargellini, « Pagine di una vita », Florence, Vallecchi, 1981, p. VI), soulignant (p. VII) « le développement naturel de sa prose […], savoureuse, sobre, heureuse de sa justesse et de son évidence », son « amor loci minutieux, viscéral ». Particulièrement florentin — comme comble stylistique d’une « italianité » — en ceci que (p. VIII) il ...
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23.00 €
Fiche technique
Ean :
9791097497859
Rayon(s) :
Architecture, Urbanisme
Pages :
224
Poids :
300
g
Hauteur :
200
cm
Largeur : 133 cm
Epaisseur : 15 cm
Largeur : 133 cm
Epaisseur : 15 cm

